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Mardi 12 Janvier:
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Madame, Mademoiselle, Monsieur,

 

Le 29 mai 2005, le peuple français, dont deux tiers d'électeurs de gauche, rejetait le traité constitutionnel européen soumis à référendum.

Partisan du non de gauche et pro-européen, j'ai fait à l'époque campagne contre la dérive vers les politiques et les valeurs néolibérales que ce traité institutionnalisait : privatisation et mise en concurrence des services publics, dérégulation des marchés financiers, généralisation du libre échange, absence de gouvernance économique.

Martelé, sanctuarisé, le dogme de la "concurrence libre et non faussée", ainsi gravé dans le marbre constitutionnel, engageait l'Europe dans une impasse à la fois politique, économique et sociale.

 

Ce débat nous a longtemps divisés. Ces divisions ont découragé bien des militants.

J'ai considéré à l'époque que le courage politique commandait de les surmonter et de ne pas se résigner. Céder au découragement, abandonner la partie au prétexte que nous souffrions d'une fracture interne irréductible auraient eu pour conséquence de laisser le champ libre à ceux qui estiment, encore aujourd'hui, que le clivage gauche-droite est dépassé, et que l'avenir de la transformation sociale passe par la mutation du PS en un parti démocrate allié au centre-droit.

Quatre ans plus tard, ce combat politique reste d'actualité. Mais d'une actualité brûlante.

Nous traversons la récession mondiale la plus grave depuis les années 1930. En l'espace de deux ans, nous aurons perdu dix millions d'emplois en Europe, avec des conséquences sociales dramatiques pour les citoyens.

 

Cette crise n'est pas une fatalité. Elle est la conséquence d'une politique de cupidité et d'irresponsabilité menée par une Union européenne de droite, qui parle aujourd'hui de réglementation et de régulation mais qui dans les faits, pratique une politique inverse.

A cet égard, la présidence de l'Union par Nicolas Sarkozy est éloquente. C'est bien sous sa présidence que des dizaines de directives libérales ont été initiées ou confirmées.

Je citerai trois exemples :

3 La directive du temps de travail avec "l'opt out"(1) à 65 heures hebdomadaires, relancée avec l'accord du gouvernement français

3 La confirmation de la libéralisation du transport ferroviaire de voyageurs en 2010.

3 L'achèvement de la libéralisation du marché de l'électricité et du gaz dont nous avons pu mesurer les conséquences dans les Landes après le passage de la tempête Klaus.

 

Ce court inventaire démontre, si besoin était, que les dimensions européenne et nationale sont intimement liées. Voter socialiste le 7 juin, c'est aussi sanctionner la politique libérale à l'œuvre dans notre pays. Un politique dont on mesure tous les jours les dégâts.

Il est clair que la droite ne veut pas donner une nouvelle direction à l'Europe. Face à l'inertie et au conservatisme, seule une dynamique de gauche peut faire bouger les lignes et créer les conditions du changement.

De ce point de vue, la constitution d'une plate-forme commune de propositions, signées par l'ensemble des leaders des listes du PSE, est un acte politique important.

L'enjeu est de taille : si nous voulons que des mesures soient prises pour lutter efficacement contre la récession et le chômage de masse, si nous voulons un véritable plan de relance communautaire, un salaire minimum européen, une politique d'harmonisation fiscale et sociale, alors le Parti socialiste doit devenir le premier groupe au Parlement européen.

 

Cette crise constitue un nouveau défi pour l'Europe.

A nous d'y répondre en votant massivement, le 7 juin, pour la liste du Parti socialiste.

(1) dérogation

Henri EMMANUELLI
Député des Landes
Président du Conseil Général


Lundi 1 juin 2009 1 01 06 2009 10:24
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