Agenda

Lundi 23 Novembre:
Réunion du conseil fédéral des Landes à Tartas
Mardi 24 Novembre:
Conseil Municipal de Mont de Marsan
Lundi 30 Novembre:
Réunion publique à Mont de Marsan dans le cadre de la préparation des élections régionales
Mercredi 2 Décembre:
Réunion publique dans le cadre de la préparation des élections régionales à Saint Vincent de Tyrosse
Jeudi 3 Décembre:

Vote à la section de Mont de Marsan pour la liste socialiste aux Régionales

Samedi 5 Décembre:
Convention fédérale à Heugas de ratification du vote sur la liste aux Régionales
Mardi 8 Décembre:
Bureau national du PS à Paris
Samedi 12 Décembre:

Convention nationale de ratification des listes aux Régionales
Jeudi 17 Décembre:
Conseil Municipal de Mont de Marsan
Samedi 19 Décembre:
Inauguration du local de campagne à Bordeaux

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Ce n'est pas la première fois que l'on vit un moment difficile, mais je crois que celui-ci l'est particulièrement. Et je le dis comme je pense, Martine : nous aurions dû prendre un peu plus de temps pour réfléchir à ce qui s'est passé dimanche dernier et décaler un peu cette réunion parce que, 48 heures après, je ne suis pas certain que nous ayons eu les uns et les autres le temps de faire les analyses nécessaires. D'autant plus que cela se passe à 17h00, que les derniers avions sont à 20h00 et que, depuis un moment déjà, j'observe des départs anticipés.

Si on pouvait avoir, pour l'avenir, puisqu'il faut se renouveler, se refonder, des habitudes de travail un peu plus sérieux, cela me conviendrait assez bien, même si je ne suis pas forcément le plus studieux.

 

Chers camarades, ce qui se passe est d'autant plus grave que si on regarde la réalité, elle est en train de nous donner raison au moment où nous perdons politiquement. La campagne de Sarkozy, c'était bien « travailler plus pour gagner plus » ! C'était bien « éradiquer l'esprit de mai 68 » -Cohn-Bendit doit se marrer ce soir ! C'était bien d'assimiler toutes les formes de protection sociale à l'assistanat ! Et ça nous a fait tant de mal !

Or, aujourd'hui, que dit Sarkozy ? Que dit la droite ? Ils n'ont pas d'état d'âme, ce n'est plus de l'assistanat, ce sont des « stabilisateurs sociaux ». C'est d'ailleurs grâce à ces stabilisateurs sociaux que nous résistons mieux que les autres, nous expliquent-ils à longueur de journée. Et que nous disent les gens dans la rue ? « vous ne feriez pas mieux ». C'est cela le fond du fond ! Nous l'avons tous entendu ce « vous ne feriez pas mieux de toute façon ». Ils vont même plus loin en rajoutant « en plus, lui, il fait ce qu'il peut pendant que vous, vous vous disputez ». Une fois qu'on a dit cela, le cadre est fixé et après il n'y a plus qu'à ramer, merci pour les colleurs d'affiches et pour ceux qui s'égosillent sur les tribunes, dans des réunions où ne viennent que nos camarades, pas tous d'ailleurs, et ceux qui viennent, le font pour nous faire plaisir.

La réalité est là. Alors, quand on dit que la social-démocratie n'est pas touchée, si, elle l'est gravement même. Moi qui racontais tout à l'heure à Benoît l'histoire du Conseil européen ce matin, ce spectacle encore ahurissant où ce sont les ministres sociaux-démocrates qui sont les gardiens de l'orthodoxie face à des ministres censés être conservateurs et qui, eux, n'ont pas d'état d'âme, ils sont prêts à donner au pacte de stabilité toute la souplesse nécessaire. Assouplissement du Pacte qui était un de nos vieux thèmes pas sans doute le plus populaire, mais qui faisait partie de nos débats. Et comment fait-on une campagne, chers camarades, lorsque nous disons au départ que nous voulons changer l'Europe et que, dans les huit jours qui suivent, il y a trois premiers ministres socialistes qui disent : « Moi, je suis pour la reconduction de Barroso » ? Eh bien, il n'y a plus qu'à aller se rhabiller, franchement, et c'est un peu ce qui nous est arrivé. De même, il ne suffit pas de brandir tous les cinq ans l'Europe sociale -cela quatre ou cinq reprises, je ne les compte plus.

Sauf qu'entre-temps, les fameux accords techniques font que, quand on fait le décompte de qui a voté quoi, ce n'est pas clair même si les socialistes français, je le reconnais, sont les mieux placés dans ces votes-là... Nos adversaires de gauche s'en sont donné à cœur joie de rappeler certaines choses, s'en sont donné à cœur joie de dire qui avait voté quoi, qui, quand, comment, etc. Et notre réponse est toujours la même : « qu'est-ce que vous voulez, c'est un paquet global, ça faisait partie d'un paquet global et comme il y avait des choses qui nous intéressaient dans le paquet, il a bien fallu qu'on prenne ce qui ne nous allait pas ». Le résultat, c'est qu'on se fait taper en public. C'est pourquoi notre électorat traditionnel a beaucoup de réticences à nous croire sur un certain nombre de sujets.

Donc, c'est ça la réalité et je crois qu'il faut qu'on se le dise très tranquillement. Et d'ailleurs, les gens attendent qu'on se le dise publiquement parce qu'ils préfèrent qu'on se le dise plutôt que de ne rien leur dire.

Il n'y a pas que nous, mais quand même, c'est nous qui avons pris le coup le plus dur. Et si on continue à faire comme si tout ça n'existait pas, ce sera de pire en pire. En tout cas, ce n'est pas demain qu'on va renouer avec la victoire.

L'analyse électorale, il faut la faire sérieusement. Cela a été dit : aujourd'hui, la droite n'a pas plus de voix qu'en 2004, mais elle caracole devant. Et nous, on a perdu 1,5 million de voix, cela a été dit, je ne vais pas le répéter. Donc la concurrence était à l'intérieur de la gauche. Je rappelle simplement qu'au moment de la présidentielle cela a été l'inverse : il y avait 1,5 million de personnes qui avaient voté pour les écologistes, qui sont venues sur la candidate socialiste, comme quoi cet électorat-là peut bouger massivement et très rapidement. Et ça ne fait que renforcer, passez-moi l'expression, l'idée qu'il faut rassembler la gauche. Il faut éviter à cet électorat ces chassés-croisés, la possibilité de ces chassés-croisés. Et cela passe par des candidatures, peut-être pas communes pour tout le monde, ce sera difficile, mais en tout cas une candidature qui rassemble suffisamment de forces de gauche pour avoir la crédibilité et la porter au second tour.

J'écoute le débat de ce soir. Je ne suis pas certain qu'on soit aussi clair que ça sur les alliances les uns et les autres. Il y a des choses qui sont dites ; il m'a semblé que d'autres n'étaient pas dites mais suggérées. Quand on dit qu'il faut rouvrir le congrès ! Vincent, il me semble qu'au congrès on avait tranché la question des alliances. Il me semble qu'on congrès on avait tranché la question de la ligne. Alors, dire qu'il faut rouvrir... Il faut aller jusqu'au bout. Et je dis cela très amicalement, mais parce que je pense qu'il vaut mieux qu'on se dise les choses clairement, explicitement.

Et de ce point de vue là, Martine, il est urgent que la direction du parti rassemble les présidents de Régions rapidement, et que ce soit formalisé, et qu'à la limite il y ait un vrai vote du bureau national sur la stratégie et du Conseil national, un vrai vote. Parce que j'ouvre la presse régionale, je vois que ce qui est dit ici ne rassemble pas tout à fait à ce qui est dit à côté. Je vois aussi des gens qui ont décidé de s'emparer à eux tous seuls de la stratégie : j'ai été élu une fois, je suis le seul maître à bord après Dieu et je ferai ce que je veux.

Non, on ne peut pas fonctionner comme ça et on ne fonctionnera pas comme ça. Et si on ne rétablit pas rapidement la situation, vous verrez que l'année qui vient risque de nous apporter un certain nombre de déconvenues.

Je suis pour le rassemblement de la gauche sans exclusive. Je sais bien que certains n'en veulent pas, mais je sais qu'il faut leur offrir quand même et que c'est à eux de dire non. Et vous avez vu que, quand ils disent non, ça ne leur porte pas chance électoralement -je pense au NPA. Je pense qu'ils ne doivent pas être très fiers de leur prétendue habileté stratégique au cours de cette élection. Donc, il faut offrir des possibilités à toute la gauche de discuter avec nous d'un programme de gouvernement qui, comme vient de le rappeler Bergounioux, n'est pas simplement la désignation dans une primaire d'un président ou d'une présidente, présidentiable miracle qui surgirait comme ça au dernier moment, sans que soit réglée la question des législatives, et j'en passe.

Je suis pour un rassemblement de la gauche et pour qu'on fasse une offre rapidement. Je suis aussi, Martine, permets-moi de te le dire avec franchise, pour que ce que tu nous as annoncé soit formalisé et qu'on ait l'occasion de se prononcer dessus, car il nous a été dit qu'un certain nombre de choses avaient été faites, je ne sais pas très bien lesquelles, j'avais compris une ou deux, je n'ai pas compris l'ensemble, mais je pense que c'est le rôle du Conseil national que de donner son avis sur ce que peuvent être les modifications de direction, les processus ou les calendriers. Réapprenons à fonctionner démocratiquement.

Je sais bien que la logique présidentielle l'emporte sur tout, mais si on la laisse perdurer dans ce parti, elle emportera le parti, car ce parti n'a existé que parce que plusieurs familles pouvaient y coexister et que leur garantie, c'était la proportionnelle, qu'il y avait un fonctionnement qui allait avec. Cela ne peut pas être dans le parti la reproduction de ce qui se passe dans le pays. Et de ce point de vue là d'ailleurs on régresse démocratiquement, complètement au niveau du pays. Savoir qu'un homme décide à lui tout seul, vous me direz que c'était le cas avant, mais quand même il y avait des contrepoids, d'autres partenaires qui avaient leur mot à dire, de la politique étrangère, de tout. Là, il n'y a plus de gouvernement, il n'y a plus d'institutions, c'est la logique du pouvoir personnel. J'espère qu'on va s'éviter cela chez nous. Donc il y a des décisions à prendre et des formalités.

Moi, je souhaite que des offres soient faites sur le rassemblement de la gauche et je dis très tranquillement : si ce n'est pas la direction que prend le Parti, alors on le fera sans lui ou il faudra prendre d'autres initiatives, mais il faut que ce soit maintenant, que ce soit formalisé, que ce soit porté et il faut savoir qui dans le parti est pour et qui est contre et qu'on aille de l'avant parce que cela ne sert à rien effectivement de regarder derrière. Cela a été dit par plusieurs d'entre vous, il faut aller de l'avant avec optimisme, faire la rénovation, changer les têtes, mais en garder quelques-unes. Vous avez vu les écologistes, ils en ont gardé une, elle s'est pas mal débrouillée ; c'est le seul point qui m'a fait plaisir. Je me suis dit « tiens, ce jeune rénovateur de Cohn-Bendit a le même âge que moi ».


Jeudi 11 juin 2009
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